Union Pour la Méditerranée

Union Pour la Méditerranée
Sarkozy eut un jour un rêve à grande échelle. Il imagina, au-delà de toute considération géopolitique, économique, diplomatique, un monde nouveau basé sur la coopération, le dialogue et les échanges. Ce rêve, il le nomma Union Pour la Méditerranée, comme le lui souffla, toujours dans le même songe, son ami Henri Guaino. De là nacquit la promesse électorale de sa création, à partir des cendres du processus de Barcelone.

Une pointe d'ironie ne fait jamais de mal à personne, pourtant, ce projet a tout pour susciter le débat, l'engouement et surtout la critique. De son annonce, durant la campagne, peu de temps après le référendum constitutionnel européen (et le "non" français qui montre que l'enjeu européen a moins d'importance que la réalité ou non des comptes off-shore de leur président...), une annonce ponctuée par l'absence de l'UE dans l'UPM, au choix du siège (Tunis ou Marseille, peut-être Tripoli, et finalement pourquoi pas Barcelone puisque l'enlisement du processus y était si parfait), ce projet n'a cessé de perdre en crédibilité.

Ambitieux? Il l'a été. Trop? C'est une certitude. Créer une Union Pour la Méditerranée, intégrant uniquement les pays riverains est une erreur politique de taille. L'Allemagne ou l'Angleterre n'ont pas manqué de le rappeler à notre président. En effet, celui-ci avait trop vite oublié que Gibraltar était encore sous domination Anglaise, que la couronne britannique comptait dans son empire la grande Egypte et qu'elle conservait un oeil attentif sur la région. L'Allemagne, sous le prétexte de préserver la cohésion de l'Union Européenne, n'a fait que rappeler à la France que des germanophones vivaient en Croatie, que l'Allemagne avait une influence conséquente sur la rive est et qu'il fallait compter sur son avis. Ainsi, 44 pays sont désormais impliqués dans l'Union.
Que dire de l'intégration de la ligue Arabe au côté d'Israël? Pas grand chose, si ce n'est que les pays arabes ont immédiatement saisi le pourquoi du comment et notamment la raison pour laquelle eux, si longtemps écartés des intérêts économiques occidentaux, se voyaient proposer un poste d'"importance stratégique", Khadafi héritant du poste de Président de l'UPM.
Quid de la Turquie? Longtemps prétendante à l'Union Européenne, lui voilà offert une pillule qui lui sera d'autant plus difficile à avaler qu'elle connaît parfaitement la vision de l'initiateur du projet. Sarkozy, comme d'autres, étant CONTRE, son intégration.

Inconscient? Peut-être. Le passé est passé à la trappe. Les pays de l'UPM n'ont en commun qu'une relation historique difficile, basée sur les tensions entre le Monde Musulman et l'Europe Chrétienne, entre les colonisateurs et les colonisés, entre le monde développé et le monde sous-développé. Comment harmoniser l'ensemble? C'est la plus grande question que doivent se poser les leaders du projet. Géopolitiquement, les Européens ont oublié un aspect important. Derrière les frontières du Maghreb se trouvent des pays qui ne comprennent pas pourquoi ils ne sont pas de la partie, pourquoi ces projets se font sans eux alors même qu'eux aussi sont dans une situation difficile. A l'est d'Israël, la région est instable, grandement instable et de Grandes Nations comme la Russie, la Chine ou les USA avaient eux aussi des projets de grande ampleur pour le pourtour sud de la Méditerranée (comme le montre les investissements de plus en plus importants de la Chine). Au sein même de l'UPM, certains pays sont d'une instabilité chronique comme la Syrie, la Lybie, l'Algérie dont la chute du prix du brent ne fait que renforcer les craintes de pays qui ne produisent rien et importent tout. Une union ne peut être en aucun cas une solution viable à court terme. Les investisseurs ne fuyant pas ces pays faute d'intégration mais par peur de l'avenir.

Reste-il du positif? Bien évidemment, mais sous certaines conditions. Tout d'abord que les pays méditerranéens arrivent à trouver des consensus autour des projets prônés par l'UPM (eau, autoroutes maritimes...). Ensuite, que les pays du sud mettent de l'eau dans leur vin pour atténuer les tensions historiques, qu'ils acceptent le leadership des pays européens et qu'en contre-partie, ceux-ci acceptent d'intégrer pleinement ces pays dans les phases de réflexion et d'application. Enfin, que l'UPM trouve politiquement des fondements solides nécessaires à sa concrétisation, des fondements qui lui donnent une légitimité vis-à-vis des partenaires de la région et des peuples qui sont appelés à coopérer. C'est peut-être le plus gros chantier.

Je dois rédiger un rapport de 60 pages sur la question. Je voulais axer ma problématique sur les questions géopolitiques qui se posent au sein de l'UPM. J'aimerais savoir ce que vous aimeriez trouver dans un tel rapport et sous quelle forme.

# Posted on Saturday, 06 December 2008 at 9:08 AM

Edited on Saturday, 13 December 2008 at 8:31 AM

Micro-finance: l'autre face du capitalisme

Micro-finance: l'autre face du capitalisme
Sortons de la polémique, entrons dans un monde d'initiative sociale, d'entrepreneuriat citoyen, j'ai nommé la micro-finance. Un jour, quelqu'un m'a demandé si, avec la crise financière, les Grandes Ecoles de Commerce avaient "enfin" changé leur opinion concernant le capitalisme et proposé des alternatives à celui-ci. Nous apportons aujourd'hui la réponse à cette question et cette réponse est NON. Le capitalisme offre d'autres facettes que celles qui sont sans cesse exploitées par les médias, il détient en lui une valeur essentielle: l'entrepreneuriat, reposant sur l'attractivité excercée par le profit et le développement personnel. Et c'est cette valeur que nous souhaitons exploiter à travers la microfinance.
Cette discipline, popularisée par la Grameen Bank du prix nobel Yunus, est une alternative aux banques pour des milliers d'individus dotés d'idées innovantes mais incapables, du fait de leurs origines sociales ou de leurs moyens, de créer l'organisation qui leur permettra de commercialiser cette idée. Les institutions de microcrédits Françaises permettent la réalisation de ces rêves en offrant jusqu'à 5000¤ à des conditions avantageuses (se sont avant tout des associations) et sous réserve d'un suivi détaillé des micro-entrepreneurs (conseil, étude de marché, résolution des problèmes...).
Ces établissements, trop méconnus en France, ont besoin de soutien, de bénévolat afin de répondre aux défis toujours plus nombreux qui s'offrent à elles. Ainsi, l'ADIE compte plus de 1000 bénévoles qui prospectent, conseilles, aiguillent les micro-entrepreneurs en vue de rendre ses financements aussi efficaces que possibles. En effet, il a été prouvé, à travers l'expérience du Bengladesh, que les micro-entrepreneurs remboursent de manière quasi-certaine et que la réussite de ces micro-entreprises est quasi-assurée sous conditions d'une réflexion suffisamment poussée en amont (ce qui est d'autant plus vraie dans les pays développés où le tissu entrepreneurial est complexe).
C'est dans cette optique que les étudiants de l'ESCP-EAP ont décidé de créer une association destinée à la promotion de la micro-finance dans les grandes écoles (comme le fait déjà Sciences Po Paris) et plus généralement aux étudiants français. Ceux-ci pourraient être de près ou de loin concernés par les actions de la micro-finance soit en tant que bénévoles ou tout simplement en tant qu'utilisateur car nous ne sommes pas tous dotés de moyens à la hauteur de nos ambitions, une sensibilisation de la future force vive de notre beau pays est donc une nécessité!
L'association micro-finance est encore au stade embryonnaire bien que les premières missions aient déjà commencé (notamment pour l'ADIE) et nous avons encore beaucoup de chemins à parcourir ensemble avant de voir les premiers résultats de notre action.
J'aimerais, par l'intermédiaire de ce blog, recueillir vos avis, vos interrogations ou vos attentes concernant ce vaste sujet. J'ai à coeur de trouver avec vous des pistes de réflexions qui nous permettront de donner une réalité à notre action afin de faire de la micro-finance une éventuelle voie de sortie de crise.


Quelques liens:
http://www.adie.org/index.php
http://accede-france.com/index_1280.php
http://www.cerise-microfinance.org/
http://www.grameenfoundation.org/?gclid=CMmwwNb3nJcCFQJKtAodhWPD-A
http://fr.wikipedia.org/wiki/Microfinance

# Posted on Sunday, 30 November 2008 at 7:55 AM

Nous avons grandi

Nous avons grandi
Chers lecteurs, chères lectrices,

j'avais débuté ce blog en d'autres temps, à une époque où j'avais tout le temps de me consacrer au bonheur de l'écriture et j'aimerais reprendre cette activité pour plusieurs raisons.

La première est que nous avons grandi, vieilli et que nous avons vu évoluer la société passivement et, qu'aujourd'hui ou dans un futur très proche, nous serons appelés à nous investir activement dans cette évolution afin de dresser les fondations d'un monde meilleur (ou pire). Nous aurons (ou avons déjà) des responsabilités bien plus importantes, nos actions auront du poids, nous construirons ensemble ce que nous léguerons à ceux qui nous suivrons. Beaucoup d'erreurs ont été commises par nos aînés, beaucoup d'améliorations aussi et le bilan est globalement positif (il aurait pu être bien pire) alors que le changement s'est fait à une vitesse jusqu'alors inconnue. Nous aurons clairement beaucoup moins d'excuses, les Nouvelles Technologies nous offrant une opportunité de débat bien plus importante et c'est par ce débat que doivent naître les projets qui feront le monde de demain.

La seconde est que malgré les bouleversements de ces dernières années, malgré la force du débat et malgré les progrès de la recherche dans tous les domaines, force est de constater que les changements dans l'esprit des gens s'opèrent bien moins rapidement et avec bien moins de force. Ce triste constat est valable en politique où les idées d'un autre âge rivalisent avec des propositions nouvelles et viennent nourrir les idéaux d'une société en mal de repère (que dire lorsque l'on apprend que des groupes d'extrême-gauche, anarcho-fascistes, s'attaquent aux chemins de fer français avec comme seule volonté de condamner le progrès?), en économie où les dérives du capitalisme FINANCIER (j'insiste au cas où on me dirait: "Ah Ah tu vois que le capitalisme c'est mal) dénoncées par les plus grands économistes n'ont donné lieu à aucune réaction de la part des décideurs, où le protectionnisme est encore une tendance à la mode alors même que ses dangers sont connus depuis plus de 80 ans (seulement)...Je ne prétends pas que l'on pourra changer quoi que se soit en les dénonçant sur un blog trop peu lu, mais j'ai la conviction que c'est une bonne thérapie...

La troisième et dernière (eh oui, la méthode dissertative est un jardin à la française, il lui faut trois parties sinon elle ne passera pas l'hiver) concerne l'enrichissement personnel, le bonheur de partager son opinion, de s'éduquer au contact de celles des autres et de continuer de progresser. En effet, "je ne sais qu'une chose, c'est que je ne sais rien" et même si je la jouerai personnellement moins modeste (je suis persuadé qu'il n'y croyait pas une seule seconde), je suis convaincu que nous ne pouvons évoluer que par le dialogue et la confrontation d'idée et que c'est le sens le plus profond de ce blog.

# Posted on Sunday, 23 November 2008 at 9:49 AM

Reprenons la lutte!

Reprenons la lutte!
Après deux ans d'absence, webinfo revient! Depuis deux longues années, des événements ont marqué nos sociétés, des changements profonds sont intervenus et, en tant que conservateur, je voulais réagir à ce qui ne changera jamais: notre bonne vieille gauche française!
Fils d'un homme de gauche, couvé comme une rose, élevé à Libé et nourri à Marianne, reposé au Nouvel Obs et révolté de premières heures face à la dictature de l'UMP, je me devais de réagir!
Avec un grand ouf de soulagement, j'ai forgé mon opinion à l'école de la réalité, j'ai nourri mon esprit critique en confrontant les thèses et en les soumettant au grand test du réalisme et je peux aujourd'hui le dire: "la gauche française n'a plus de raison d'être, vive le changement!" Pourtant conscients de l'utopie des valeurs de gauche (qu'elles sont-elles d'ailleurs?), ses leaders persistent et signent (Hollande avouait à l'auteur des Incendiaires que des idées plus réalistes et efficaces ne seraient pas politiquement corrects...) et la crise atteint des profondeurs jusque là inconnue.
Le congrès de Reims confirme l'absence de débat d'idée, voire l'absence d'idée tout court, car faute de proposition concrète et réaliste, les socialistes se déchirent autour de personnalités très crédibles: chacune appelle au rassemblement (Delanoë, Royal, Aubri, l'homme qui voulait être Besancenot à la place de Besancenot...) mais au moment du verdict, l'homo homini lupus reprend ses droits et les tacles à la carotides réapparaissent: Delanoë se rallie à Aubri qui est rejointe par Hamon afin de donner de la consistance à la solidarité anti-royal, les Royalistes (si vous m'excusez le jeu de mots), quant à eux, préfèrent la voix du "je désire rassembler les socialistes en reconnaissant le bourrage des urnes et la sottise de leur choix".
Mon idée n'était pas de descendre le PS (même si je l'ai un peu fait et que c'était trop simple), je suis pour une vraie force d'opposition qui propose, face au discours parfois contestable de nos dirigeants, des solutions, des alternatives afin de réformer ensemble (tout deviendrait alors possible) la France. J'aimerais que les éléphants et autres postiers cessent leur hypocrisie, j'aimerais que l'on ne nous propose plus des discours d'un autre âge, que l'on cesse de propose un "socialisme" économique comme alternative au capitalisme, que les politiciens prennent leurs responsabilités pour éveiller le peuple et non pour l'abrutir: NON, la retraite à 60 ans n'est plus possible (car nous vivons plus vieux, en meilleure santé et que en plus d'être irréaliste, le discours des gauches conduit à intensifier un conflit générationnel déjà vif), NON, le monde du tout-gratuit n'est pas une alternative (pendons l'idée sotte de Besancenot qui réclamait il y a peu des billets de train gratuit pour tous...), NON, le libéralisme n'est pas une idéologie tyrannique dans laquelle les plus forts feraient rêgner leur loi mais bien un courant philosophique prônant des valeurs nobles telles que les libertés individuelles (la gauche l'a trop vite oublié alors qu'elle est l'inventeur de ce courant...)...
Ce qui me préoccupe le plus, c'est de voir que la nouvelle génération ne vaut pas mieux que l'ancienne, qu'apparemment les discours de l'école républicaine n'évolue pas malgré les témoignages et les études. Je suis préoccupé par les convictions d'un Emmanuel Vals (qui a l'air pourtant si intelligent...)! Il est temps que la gauche se rassemble autour d'une Femme ou d'un Homme qui fasse des propositions concrête et redéfinissent les contours d'un parti moderne qui, sans oublier son héritage, saurait accepter la réalité de la modernité...Quel doux rêve...

# Posted on Sunday, 23 November 2008 at 9:18 AM

Ad Vitam Eternam

Ad Vitam Eternam
Une fois de plus, comme il est coutume en France, les syndicats ont la main mise sur les politiques économiques et sociales de notre "beau" pays. Aujourd'hui marque la fin de deux mois d'incompréhension entre le gouvernement et une partie de la population (non-majoritaire). Le CPE a été supprimé alors que nos institutions DEMOCRATIQUES l'avaient instauré!
Je n'ai pas l'intention de revenir sur mes convictions concernant ce contrat que je jugeais utile pour l'emploi mais je voudrai vous faire part de ma déception.
Une déception fondée dans un premier temps sur le non-respect de la démocratie. En effet, nous avons et il faut le redire, mis en place un gouvernement, nous lui avons donné notre confiance aux législatives et par conséquent, il était en place de façon démocratique. Elu par le peuple et pourtant, vaincu par celui-ci ou plutot une minorité qui se croit apte à juger de ce qui est bon ou mauvais pour l'ensemble de la population. Mais qui sont-ils, d'où peuvent-ils prétendre avoir cette compétence? Cette minorité a tyranisé les français en leurs imposant ce qu'ils souhaitaient par la force...Incompétent et tyran??? Apparemment oui confirmant ainsi les inquiétudes antiques de Platon, la démocratie est apparemment bien une tyrannie de l'incompétence.
Ensuite, je suis déçu du recule du gouvernement qui n'a pas su maintenir ses ambitions et ses convictions. C'est dommage car une fois encore, un premier ministre n'aura pas su imposer ses idées. La faute à des syndicats qui gagnent un nouveau combat dans leur quête d'influence. Il faut être réaliste, chacune des nouvelles orientations (touchant aux acquis sociaux) proposées sous la 5ème république s'est soldée par des échecs. Preuve d'une France à la traine, d'un pays qui vit dans une société mondialisée et voulant y survivre par des piliers sociaux de 1789. Je ne suis rien ni personne pour prétendre savoir qu'est-ce qui doit prévaloir dans notre société. Mais il faut aussi savoir se poser en observateur et en citoyen plutôt qu'en profiteur.
Mon constat est qu'aujourd'hui, si les Français veulent conserver leur niveau de vie actuel, leur emploi et aspirer à une société meilleure, alors ceux-ci doivent faire des concessions. Sinon, les entreprises partiront dans des pays moins contraignants où elles pourront se déveloper, les élites intellectuelles iront chercher l'emploi là où il est. La France se retrouvera alors avec un statut de pays en voie de sous développement. Nous ne sommes plus durant les trentes glorieuses, la conjoncture ne nous est plus favorables alors prenons-en conscience, avançons et tentons ensemble de permettre à notre pays de jouer un rôle dans l'économie mondiale car nous en serons les premiers bénéficiaires!
Pour finir, je terminerai par exprimer mon désarroi face à la réaction des syndicats. L'abrogation du CPE était leur demande, ils l'ont obtenu et comme toujours ne paieront pas les conséquences (plus il y a de difficultés dans le monde du travail, plus ils engrangent d'argent) mais surtout ils ne renoncent pas à leurs manifestations. Maintenant, ils veulent s'attaquer au CNE et consort. Ne donnons pas aux lions notre main, sous peine qu'ils nous prennent le bras! Un grand merci à la CFDT, la CGT, FO and co pour cette nouvelle stagnation!

# Posted on Monday, 10 April 2006 at 3:03 PM

Edited on Tuesday, 12 June 2007 at 3:13 PM